L’anxiété, le stoïcisme et moi

Anxieux de nature, j’ai cherché mille remèdes et j’ai souvent eu à entendre el famoso « mais arrête de stresser pour rien ! ». Non, mais sans blague, quand vous dites à un anxieux d’arrêter de l’être, vous pensez vraiment l’aider ? Enfin bref, moi et l’anxiété c’est une histoire d’amour toxique : on reste ensemble mais elle me pourrit la vie. Et un jour, j’ai ouvert le manuel d’Epictète et ce fut le coup de foudre !

Ah, l’anxiété, avec ses ruminations, ses nuits blanches et ses tachycardies… Si elle était un art martial, je serais certainement 7e dan. Et je ne le savais pas encore mais il y avait un autre art que j’allais découvrir et qui allait changer ma façon de voir les choses : l’art ancestral de s’en foutre, le stoïcisme.
Un bon ami à moi m’avait déjà parlé des stoïciens mais c’est en écoutant Charles Robin en parler que le charme a véritablement opéré (d’ailleurs, je vous la recommande et c’est ici qu’il faut cliquer pour découvrir sa vidéo).

Quel rapport avec la lecture, me direz-vous ? Eh bien, c’est par ce biais que j’ai fait mes petites recherches pour en retirer trois noms : Sénèque, Marc Aurèle et Epictète (à ne pas confondre avec l’adjectif. je sais, je devrais faire le Jamel Comedy Club).

Et ainsi, j’ai lu mes premiers ouvrages sur la philosophie stoïcienne. J’ai commencé par « de la brièveté de la vie » de Sénèque, ouvrage conseillé par Raj de la chaîne YouTube Autodisciple. Avant de lire ce livre, pour moi, la philosophie se résumait à deux choses : chiant et 4/20 au bac. Mais lorsque j’ai lu ce livre, j’ai compris beaucoup de choses et cela a ouvert mon appétit livresque. J’ai donc continué avec « Pensées pour moi-même » de Marc Aurèle, mais également les œuvres complètes d’Epictète.

 

Les différentes phases par lesquelles est passé mon cerveau lorsque j’ai lu « De la brièveté de la vie » de Sénèque

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Epictète, nous y voilà enfin – oui, oui parce que la réflexion que je voulais partager avec vous le concerne –, est un philosophe du premier siècle. Il est l’auteur du « Manuel » dans lequel on peut y lire beaucoup de pensées très profondes dont celles dont je veux vous parler aujourd’hui.

« Il y a ce qui dépend de nous, il y a ce qui ne dépend pas de nous. Dépendent de nous l’opinion, la tendance, le désir, l’aversion, en un mot toutes nos œuvres propres ; ne dépendent pas de nous le corps, la richesse, les témoignages de considération, les hautes charges, en un mot toutes les choses qui ne sont pas nos œuvres propres. Les choses qui dépendent de nous sont naturellement libres, sans empêchement, sans entrave ; celles qui ne dépendent pas de nous sont fragiles, serves, facilement empêchées, propres à autrui […]

[…] Aussi, à propos de toute idée pénible, prends soin de dire aussitôt : « Tu es une idée, et non pas exactement ce que tu représentes. » Ensuite, examine-la, éprouve-la, examine-la selon les règles que tu possèdes, et surtout selon la première, à savoir : concerne-t-elle les choses qui dépendent de nous ou celles qui ne dépendent pas de nous ? Et si elle concerne l’une des choses qui ne dépendent pas de nous, que la réponse soit prête : « Voilà qui n’est rien pour moi. ». »

Et c’est là que j’ai eu un déclic vis-à-vis de l’anxiété. On est anxieux par rapport au futur, par rapport à des situations que l’on ne maîtrise pas et qui peuvent même ne jamais arriver. Si elles n’arrivent pas, on aura alors souffert pour rien. Si elles se produisent, on aura donc eu droit à la double peine : la souffrance de l’anxiété et celle de la situation elle-même.

Le point que j’aimerais mettre en avant ici, c’est que quand un sentiment d’anxiété envahit notre coeur, il faut faire un pas de côté par rapport à la situation, ne pas se laisser submerger, repenser à ce que dit Epictète « il y a ce qui dépend de nous, il y a ce qui ne dépend pas de nous » et se demander : cette situation dépend-elle de moi ? Si oui, comment puis-je agir pour améliorer les choses ? Si la réponse est non, il faut alors couper court en nous répétant que si l’évènement ne dépend pas de nous, alors nous en inquiéter n’améliorera absolument pas la situation, la meilleure chose étant toujours de s’en remettre à Dieu, car même quand la situation ne dépend pas de nous, elle dépend toujours de Lui.

Je pense que vous comprenez mieux pourquoi j’affectionne tant le stoïcisme et pourquoi je partage si souvent avec vous des citations stoïciennes sur mon compte Instagram (c’est ici pour le compte Instagram, tu devrais t’y abonner si ce n’est pas encore le cas).

 

Et vous, êtes-vous anxieux ? Quelles sont vos stratégies pour éviter d’être submergé par l’anxiété quand cela arrive ?

3 Comments

  1. Je suis plutôt de nature « je m’enfoutiste » donc, stoïcienne si j’ai bien compris le sens de ce mot. Savoir que notre destin est tracé bien avant que l’on naisse m’aide à me concentrer sur le moment présent et m’évite de stresser pour l’avenir.

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  1. BOOK HAUL - Fin février 2019 - Le lecteur illettré

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